Paradis perdu : les Perhentian

Minuit. L’heure idéale pour une randonnée au clair de lune à travers la forêt, jusqu’à la plage située de l’autre côté de l’île. Sur le sable, des empreintes semblables aux roues d’un tracteur: une tortue verte femelle est passée par là. Elle se trouve à quelques mètres de là. Des heures d’effort l’attendent pour pondre ses œufs, non loin des arbres. Elle grogne et se tortille, soulevant du sable autour d’elle. La ponte terminée, la mer s’est retirée, l’obligeant à se traîner péniblement jusqu’à l’eau, sur les coraux pointus et les rochers déchiquetés. Elle connaît le trajet d’instinct, comme sa mère et sa grand-mère avant elle.

Personne d’autre pour observer ce spectacle. Il est vrai qu’en ce bout du monde, aucune routard n’est là pour squatter la plage éclairée des rayons de lune. Une solitude d’autant plus précieuse qu’elle tend à devenir rare. Nous sommes en Malaisie, dans les îles Perhentian : un bastion qui échappe encore au tourisme. Pour le moment, du moins. Ici, pas de banque ni même de distributeurs de billets. Ici, les aventuriers partent à l’assaut de la jungle ou des profondeurs marines, mais les plages se tiennent aussi à la disposition des hédonistes. Bref, c’est le paradis.

Contrairement à ce qu’a pu prétendre une certaine série, il n’y a pas de routes au paradis : seulement des sentiers qui serpentent sous la canopée et des eaux douces qui caressent des rivages dépeuplés. Les varans y piétinent le sable brûlant et les pygargues descendent en piqué des falaises escarpées. La nuit, les portes des bungalows restent entrouvertes pour profiter de la brise apportée par la marée. Il n’y a plus que le chant des grillons, qu’accompagne le bruit des vagues.

Même si les îles Perhentian ne sont pas touristiques, elles ont beaucoup à offrir en fonction des goûts de chacun. Vous y prenez un livre, faites la sieste dans un hamac. Si vous avez la bougeotte, vous plongez et nagez avec les poissons-perroquets qui broient les coraux à l’aide de leur bec crochu. Vous marchez jusqu’à un petit village de pêcheurs musulmans — le seul village des Perhentian — pour savourer un curry de mouton aux bananes plantains. Vous sautez parfois dans un kayak : quand le vent tombe, l’eau se fige comme une vitre au travers de laquelle on admire le ballet des poissons et des anémones de mer.

Les Perhentian sont accessibles par bateau à moteur (45 min de traversée, plusieurs liaisons quotidiennes) au départ de la jetée de Kuala Besut sur la côte orientale de la péninsule malaise. ll y a aussi des bateaux plus lents (avec des liaisons supplémentaires depuis les îles de Redang et Lang Tengah). Côté confort, l’on peut trouver quelques chalets avec air conditionné sur Perhentian Besar; Perhentian Kecil (la plus petite île) s’adresse aux budgets plus serrés et aux voyageurs équipés d’une bonne moustiquaire. Sur les deux îles, vous trouverez tout de même des restaurants et quelques adresses secrètes où vous vous retrouverez seuls au monde.

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