Séjour calme et luxe en Arctique

A une époque où les hôtels de luxe sont le plus souvent d’immenses complexes touristiques, voire des villes en soi, le luxe consiste parfois tout simplement à trouver la solitude. Et pour celui qui recherche la quiétude, loin de l’agitation des hommes, le voyage que nous vous proposons ici est sans conteste le plus luxueux au monde.

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Baffin est en effet le territoire le moins densément peuplé du monde, et vous y croiserez lors de votre séjour davantage de caribous que d’hommes. Cette île grande comme l’Allemagne est rattachée au Nunavut, une province canadienne aussi vaste que l’Europe de l’Ouest (instituée en 1999 pour reconnaître une terre ancestrale au peuple inuit). Située en grande partie au nord du cercle polaire arctique et séparée du Groenland par le détroit de Davis, elle est constamment recouverte par les glaces. S’il y fait incontestablement froid — la température moyenne sur l’année est de -8°C —, la rigueur du climat est cependant contrebalancée par l’hospitalité de ses habitants, qui font montre d’un incroyable sens du partage et de la communauté. Les villages insulaires — dont Iqaluit qui, avec un peu plus de 7000 habitants, est la capitale du Nunavut — sont reliés entre eux et avec le monde extérieur par avion et bateau uniquement, de sorte que le meilleur moyen de découvrir l’exceptionnelle nature arctique de l’île consiste à en faire le tour en bateau, base à partir de laquelle on peut aller en barque explorer les fjords sans fin et les petites îles satellites. Voire tenter l’expérience d’une nuit sur la banquise ou d’une excursion en traîneau tiré par des chiens ou à skis dans les majestueux paysages du parc national d’Auyuittuq, dont le nom, en inuktitut (la langue des Inuits), signifie « la terre qui ne fond jamais ». Où que vous décidiez de dormir ou d’aller sur l’île, vous serez en tout cas à des années-lumière du monde connu. Et aurez souvent l’impression d’être devenu un personnage un roman de Jack London. Ou même, au milieu des étendues glacées, d’être un nouveau Gordon Pym entendant au loin le « Tekeli » des oiseaux.

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Pour autant, vous ne serez pas seul. Étonnamment variés, les paysages de Baffin accueillent en effet ceux que l’on appelle les big five de l’Arctique: l’ours polaire, le bœuf musqué, le morse, le nattiq (ou phoque annelé) et la baleine. Enfin, les baleines, pour être précis, puisque vous pourrez y admirer plusieurs sortes, dont la très sociable baleine blanche, ou béluga, qui vit en grands groupes et qui, malgré sa taille considérable, est surnommée le « canari des mers » (pour les sons et sifflements qu’elle émet). Ou encore la baleine franche du Groenland ou la baleine arctique qui, dépourvue de nageoire dorsale et avec ses 20 m de long, est le deuxième plus grand spécimen de tout le règne animal (après la baleine bleue). Mais, parmi les cétacés que l’on rencontre à Baffin, le rôle de la superstar est sans conteste détenu par le narval, avec son incisive en forme de spirale pouvant atteindre 3 m de long et affûtée comme une épée qui, depuis la nuit des temps, a alimenté — sous toutes les latitudes — la légende de la licorne. Au printemps et en été, les sinaaq (terme inuit qui définit les énormes banquises de glace qui flottent dans l’océan Arctique en face de la pointe septentrionale de Baffin) accueillent de très grandes concentrations de faune marine (et d’ours polaires). Et il suffit de s’enfoncer un peu dans l’intérieur de l’île pour observer des hordes impressionnantes de caribous qui, avec près de 750000 individus, est le mammifère terrestre le plus commun de l’Arctique oriental. Toutefois, l’espèce (cette fois marine) la plus répandue sur l’île est le phoque annelé. Son abondante présence — près de 2 millions de spécimens — est fondamentale pour l’équilibre du complexe écosystème arctique, dans la mesure où il est la principale nourriture des Inuits et des ours polaires. Chaque année, les habitants de l’île chassent près de 30000 phoques, un nombre parfaitement responsable. Il ne pourrait d’ailleurs en être autrement, les Inuits sachant, depuis des millénaires, ce qu’il est juste de prendre de la nature : le principe fondamental de leur vie est l’Avatittinnik Kamatsiarniq. Un concept que l’on peut traduire par « respect et soin de la terre, des animaux et de l’environnement ». En rentrant de voyage et en retrouvant la « civilisation », vous regretterez vite que ce concept ne soit pas plus répandu sous nos latitudes.

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