Un voyage dans le Far West cubain

Pour certains, Cuba se résume à La Havane et à son charme rétro, à ses voitures américaines des années 50 fièrement entretenues, signes d’une époque datant d’avant l’embargo américain. Mais Cuba a bien plus à offrir au visiteur curieux. Partez pour un voyage exceptionnel dans le Far West de Pinar del Rio.Partez à la découverte de l’ouest de l’île, là où pousse le tabac le plus précieux de la planète. Mais attention au choix du véhicule. Au-delà de La Havane, Cuba, c’est 60858 km de routes, non goudronnées pour la moitié et comparables à du gruyère la plupart du temps. Dès la sortie de la capitale, lorsqu’on commence à éviter les nids-de-poule qui jalonnent la route, on comprend qu’on est vraiment parti à l’aventure. Le choix d’une voiture est fortement déconseillé. En dehors de La Havane, les routes sont surtout empruntées par les vieux camions pleins de canne à sucre des campesinos, et par les guaguas (des autobus tout aussi vieux et bondés de passagers jusque sur le toit). Le moyen le plus agréable de circuler à Cuba, c’est en définitive la moto ou le side-car.
Heureusement, il n’est pas difficile de se procurer l’un ou l’autre. Passeport et permis suffisent pour louer une moto à La Havane (un vieux modèle, comme tout le reste), ou un vieux side-car de fabrication soviétique. En augmentant un peu le prix, on peut même opter pour une Harley-Davidson. Puis c’est parti pour un road trip inoubliable.
La route la plus épique et insolite pour un centaure cubain est celle qui conduit dans l’ouest de l’île, dans la province de Pinar del Rio, à 170 km de la capitale. Bien que d’autres régions de l’île soient consacrées à la culture du tabac (qui, avec le tourisme, est la principale source de revenus de l’État cubain), ici les plantations s’étendent sur 40000 hectares et produisent une précieuse variété utilisée pour la capa, l’enveloppe des célébrissimes cigares. Et au cœur de la province, dans la Valle de Vinales – protégée par l’Unesco pour la valeur exceptionnelle de son paysage naturel et culturel —, les étendues de tabac sont entrecoupées par les monticules de roche calcaire caractéristiques appelés mogotes et par des clairières qui abritent l’incroyable richesse botanique de l’île, avec des curiosités comme l’almacigo, ou gommier rouge, au tronc lisse, rougeâtre et brillant, dont l’écorce desquame en fines bandes (un peu comme les touristes, disent les Cubains !).
Les petites routes de Pinar del Rio permettent aussi de découvrir des villages qui semblent tout droit sortis d’un western, avec leurs maisons de bois et leurs cow-boys, descendants de colons venus des Canaries à la fin du XVIIIe siècle pour cultiver le tabac pour la couronne d’Espagne. Ils ont gardé les yeux bleus et les cheveux blonds de leurs ancêtres, ainsi que d’exceptionnels talents de cavaliers. En discutant avec eux, on est rapidement invité à partager la guayabita, une liqueur typique assez forte. Et puis, de temps en temps, vous garez votre moto pour parcourir à cheval les chemins les plus inaccessibles et pénétrer lentement dans les gorges dessinées par les mogotes.
Voilà un voyage au parfum d’aventure qui reste à jamais gravé dans la mémoire !

cuba

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